Argumentaire

En ratifiant la Convention relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989, l’Etat belge s’est engagé à :

  • protéger les enfants contre toutes formes de discrimination : tous les droits énoncés dans la Convention s’appliquent à tous les enfants sans distinction aucune [art. 2, al. 1] /1 ;
  • apporter une aide appropriée aux parents et assurer la mise en place d’institutions veillant au bien-être des enfants [art. 18, al. 2] ;
  • promouvoir le droit de tout enfant au repos et aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son âge et de participer librement à la vie culturelle et artistique [art. 31] ;
  • assurer à l’enfant une éducation qui favorise, entre autres, l’épanouissement de sa personnalité et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de ses potentialités et le prépare à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d’égalité entre les sexes et d’amitié entre tous les peuples et groupes ethniques, nationaux et religieux [art.29, al. 1].

L’accueil extrascolaire constitue un des moyens de rendre effectifs ces droits fondamentaux pour tous les enfants. Qu’il soit mis en œuvre par des autorités publiques ou des acteurs associatifs, l’accueil extrascolaire relève d’une mission d’intérêt public, au même titre que l’enseignement.

Outre une fonction économique qui permet aux parents d’avoir une activité professionnelle, de suivre une formation, de rechercher un emploi ou d’effectuer des démarches dans ce sens, on reconnaît à l’accueil extrascolaire deux autres fonctions essentielles :

  • une fonction éducative : il joue un rôle essentiel dans l’épanouissement de l’enfant. Les notions de plaisir, de loisir et de détente y occupent une place centrale. De plus, il éveille, développe des compétences (sociabilité, évolution entre pairs…), permet des apprentissages et favorise la participation des enfants ;
  • une fonction sociale : il offre un lieu de soutien à la parentalité et permet la création de lien social.

Avoir accès à un milieu d’accueil de qualité représente donc un avantage pour l’enfant et sa famille et un investissement à long terme pour la société. Ces lieux de vie constituent une opportunité fondamentale pour contribuer à la réduction des inégalités.

Si de nombreux milieux d’accueil extrascolaire s’adressent à des publics précarisés, cet accès est insuffisant. Ce droit à l’accueil extrascolaire est loin d’être une réalité pour beaucoup d’enfants, notamment ceux dont la famille vit en situation de pauvreté. Les obstacles à l’accessibilité sont financiers, certes, mais aussi organisationnels, géographiques et culturels/2.

Le présent manifeste vise à interpeller les pouvoirs publics pour lever ces obstacles et particulièrement ceux qui dépendent directement de leur responsabilité. Notre démarche s’inscrit dans une volonté largement partagée d’agir sur un système éducatif général qui renforce les inégalités plus qu’il ne les réduit.

Il est urgent que l’accueil extrascolaire soit reconnu comme un service d’utilité publique pour toutes et tous, sans aucune ­discrimination.

Notre objectif est de permettre à chaque enfant, indépendamment de sa situation ou de celle de sa famille, de pouvoir accéder à un accueil extrascolaire de qualité, c’est-à-dire à son droit légitime de bénéficier d’activités de repos, de loisirs et de détente. C’est aussi lui donner l’opportunité de développer au mieux ses potentialités, de s’émanciper et de construire la confiance et l’estime de soi qui lui permettront d’être acteur de sa propre vie et, avec d’autres, de la cité.


Pour ces raisons, nous tenons à réaffirmer ces principes fondamentaux :
  • L’accès à un accueil extrascolaire de qualité est un droit inconditionnel.
  • L’accueil extrascolaire remplit une fonction sociale, une fonction éducative et une fonction économique.
  • L’accueil extrascolaire contribue à la lutte contre la pauvreté.
  • L’accueil extrascolaire participe à l’élaboration d’une alliance éducative entre tous les acteurs concernés.
1/ Loi du 25 novembre 1991 portant approbation de la Convention relative aux droits de l’enfant, M.B., 17 janvier 1992.
2/ Mottint Joëlle, Les structures d’éducation et d’accueil du jeune enfant ont un rôle à jouer pour renforcer l’inclusion et lutter contre la pauvreté et les exclusions. Les obstacles. Riepp, juillet 2012.