Recommandations

Nous demandons, dès lors, que soient mises en place, dans les plus brefs délais, les mesures suivantes :

1 Rendre effectif, pour tous les enfants et leurs familles, le droit à un accueil de qualité
Il s’agit d’assurer l’accès à un accueil de qualité pour tout enfant, quels que soient ses besoins spécifiques et quelle que soit sa situation et celle de ses parents, en particulier sur le plan financier, de l’état civil ou en matière d’emploi.

  • Assurer une accessibilité financière pour tous, voire la gratuité
  • Augmenter l’offre d’accueil en veillant à une répartition en fonction des besoins locaux
  • Assurer une accessibilité géographique des milieux d’accueil
  • Diversifier et multiplier les modes d’information des familles sur les possibilités d’accueil extrascolaire

2 Renforcer la fonction sociale des milieux d’accueil
Répondre à la demande ne suffit pas. Des mesures particulières doivent être soutenues afin d’assurer une accessibilité effective des milieux d’accueil aux familles précarisées, dans un idéal de mixité sociale.

  • Penser et soutenir la perméabilité des milieux d’accueil, de manière à leur donner la possibilité d’accepter la fréquentation irrégulière engendrée par des conditions de vie précaires, pour garantir la place que l’enfant vienne ou pas
  • Encourager les milieux d’accueil à adopter des projets pédagogiques mettant en œuvre les moyens nécessaires à l’accueil des familles en situation de pauvreté et de leurs enfants
  • Octroyer et valoriser du temps pour les professionnels afin de leur permettre d’aller à la rencontre des familles
  • Soutenir les initiatives qui investissent l’espace public

3 Promouvoir les initiatives intégrées et le travail en réseau
Il s’agit de promouvoir des initiatives intégrées et des collaborations susceptibles d’offrir à la fois des possibilités d’accueil, d’accompagnement des familles et de renforcement des liens sociaux.

  • Créer et soutenir des structures pouvant offrir un cadre proposant un accueil inconditionnel, à géométrie variable et une articulation à d’autres services
  • Promouvoir un travail en réseau « permettant une optimalisation des ressources sans toutefois introduire des contraintes dont la lourdeur amoindrirait la mobilisation directe au profit des bénéficiaires » /1
  • Soutenir les initiatives de transversalité identifiant la famille comme « première ressource » du réseau et décideuse de l’accompagnement qui lui est proposé

4 Construire la transversalité des politiques
Une véritable transversalité des politiques concernant tous les lieux de vie de l’enfant doit exister afin de soutenir le travail des acteurs de terrain et construire une approche globale, intégrée et respectueuse des familles.

  • Organiser et faciliter les collaborations entre les différents niveaux de pouvoirs
  • Décloisonner les politiques, les cadres législatifs et administratifs pour redonner une liberté et une légitimité aux acteurs de terrain dans le choix de leurs actions et l’édification de leurs partenariats
  • Prévoir une contractualisation des milieux d’accueil extrascolaire dans une approche intégrée, permettant une réduction des charges administratives incombant aux milieux d’accueil au profit de leur fonction sociale
  • Abandonner au plus vite les critères de financement qui, actuellement, amènent à une sélection indirecte des publics accueillis et mettre en place des modes d’évaluation adaptés aux réalités de terrain et à la situation des familles

5 Reconnaître, former et accompagner les acteurs de terrain
Il est nécessaire de « former les intervenants, professionnels ou non, aux codes culturels des familles précarisées et à la justesse relationnelle que leur situation requiert : acceptation de la diversité, de la différence, reconnaissance des temps et des rythmes différents, capacité à reconnaître le possible plutôt que l’idéal abstrait, à favoriser l’ouverture des possibles, à mesurer les impacts multiples de ses propres exigences, etc. »/2 . Cette priorité est indissociable d’une interpellation sur le statut précaire des travailleurs du secteur extrascolaire.

  • Renforcer les formations de base et continue des professionnels et inclure dans leur cursus une formation socio-politique et au travail en réseau
  • Reconnaître et valoriser les temps de travail en équipe et de supervision : accueillir des publics en situation de pauvreté, ce n’est pas reproduire des « outils », des « techniques ». Cela suppose une réflexion longue, une remise en question, une prise de distance, du temps pour interroger le sens de ses actions
  • Créer les conditions pour permettre au personnel extrascolaire d’accéder à une réelle reconnaissance et d’obtenir un réel statut
1/ Comment contribuer à la réduction des inégalités sociales dans le champ socio-éducatif ? Problématisation et recommandations – DGDE, 2011.
2/ Idem